Artisanat d’Assam

L’Assam est à la confluence de nombreuses ethnies et cultures; cela se reflète dans son riche patrimoine artisanal ancestral.

L’Assam est principalement reconnu pour sa soie, ses objets en bambou et vanneries. Mais elle offre également d’autres compétences moins connues: travail du métal et du bois, poteries, joaillerie et peinture. Un esthétisme simple qui rende ces produits uniques et charmants. Vous êtes sûrs de ramener de jolis souvenirs à la maison.

L’utilisation des métiers à tisser est l’une des plus anciennes industries d’Assam, réputé pour la richesse de ses tissus et motifs. Chaque communauté a ses propres techniques et designs. Traditionnellement, chaque métier à tisser était unique de part la singularité du travail de chaque village. Mais aujourd’hui, avec la modernité et l’intérêt porté par l’industrie textile indienne, des motifs et designs modernes ont été incorporés. Le Regional Design Centre de Guwahati continue de guider et aider les coopératives villageoises pour être en phase avec le marché et ainsi améliorer les ventes. Les matières premières sont le coton, la soie muga ou “golden silk”, soie pat et la chaude soie eri ou endi.

Souvent surnommée “Manchester de l’Est” Sualkuchi, sur la rive Nord du Brahmapoutre à 35 Km de Guwahati, est le principal centre textile d’Assam et réputée pour la qualité de ses soies muga, pat et eri. Il y a environ 3 000 tisserands dans cette ville et ses environs. Laichangphi, dans le district de Cachar, est reconnu pour ses couvertures et la tribu Mising pour le ‘Mirizen’ châle souvent utilisé en dessus de lit.

Muga silk (Muga Paat) ou la soie dorée n’est pas qu’un don de la nature mais également un symbole de la riche culture assamaise. Aussi appelée “reine des soies”, elle doit son nom à l’assamais ‘muga’ qui signifie jaune. Etant donné sa faible porosité, cette soie ne peut être teinte ou blanchie et conserve des reflets dorés qui lui sont caractéristiques. Le lavage se fait à la main qui permet de conserver l’éclat de l’étole. La qualité de cette soie est en tout point supérieur aux autres types de soies trouvées sur le marché et dispose d’une meilleure durée de vie. La tenue traditionnelle des femmes en Assam (mekhela chador) est fabriquée a partir de cette soie.

Aussi appelée soie de mûrier car les vers vivent et se nourrissent des feuilles de cette plante. Sa couleur naturelle est blanche ou légèrement argentée. En raison de son éclat et sa texture, c’est une matière très utilisée dans le milieu de la mode.

Le mot Eri (Endi ou encore Errandi) dérive de ‘erranda’, qui signifie ricin en assamais du fait que les vers se nourrissent des feuilles de cet arbuste. Cette soie est aussi appelée « soie de la paix » car les cocons sont ouverts afin de libérer le papillon. Cette soie brute peut sembler un peu rêche au début mais s’assouplira après plusieurs lavages. On peut trouver la soie eri en différentes couleurs : beige, doré, marron et crème. La soie eri est d’une telle qualité que les étoles sont parfois transmises d’une génération à l’autre.

Le Gamocha (Gamosa/ Gamusa) est un morceau de coton rectangulaire fait partie intégrante de l’identité culturelle assamaise. Bien que traditionnellement prévu pour sécher le corps, le Gamcha constitue un véritable accessoire vestimentaire. Il est souvent porté sur l’épaule, parfois autour du cou. En zone rurale, il est placé sur la tête, en une sorte de «keffieh» qui protège du soleil et permet de porter de lourdes charges. Il est parfois utilisé en pagne, autour de la taille. Réalisé le plus souvent dans des coloris rouge, orange ou vert, son apparence varie cependant selon sa région d’origine. En Orissa et en Assam, il est uni, avec une bordure brodée. Dans les états de l’ouest de l’Inde, il est à dominante rouge.
Ce petit morceau de tissu est également utilisé lors de cérémonies religieuses pour recouvrir l’autel ou des textes sacrés ou en accessoire lors des festivals. Un danseur Bihu l’enroulera autour de sa tête. Il est parfois aussi offert en signe de respect aux invités lors de fêtes.

Proliférant naturellement en Assam, la canne et le bambou sont utilisés dans la création d’objets utiles (chapeau, panier, tamis, natte, tabouret…) Le bambou en particulier fait partie intégrante de l’architecture traditionnelle. Le japi, chapeau traditionnel d’Assam utilise des fibres de bambou tressées avec les feuilles de palmier séchées et sert à se protéger du soleil mais aussi comme objet de décoration ou comme souvenir original.

Le travail du métal en Assam est très ancien. La région d’Hajo, près de Guwahati, est réputée pour la fabrication de pot à eau, cymbales… et emploie la majorité des habitants. Ce métal particulier appelé ‘bell-metal’ est un alliage de cuivre et d’étain. Titobar, près de Jorhat et Raha dans le district de Nagaon (Kaziranga National Park) sont également fameux pour leurs objets en métal. Le thali assamais est servi dans ce grands plats et petits bols en métal permettant de conserver la nourriture plus longtemps. Xorai, un plateau à offrandes qui sert à offrir le paan (feuille de bétel) aux invités, est devenu un symbole de l’Assam. Ces objets en métal font d’excellents souvenirs ou cadeaux.

Le travail du bois en Assam est un art traditionnel qui florissait quand l’etat etait dote de forets aux essences rares. Le bois était extrait par les khonikors du temps de la dynastie Ahom. Leur travail était si impressionnant que les rois leur construisit un village à part appelé Khonikargaon près de Sibsagar. L’héritage artistique des khonikors est encore visible dans de nombreux temples et satras (monastères vishnoites) d’Assam. Aujourd’hui, les menuisiers appelés sutradhar ont une place importante dans les villages. Ils construisent les charpentes des habitations, charrues, métiers à tisser, meubles et bateaux. Ils les décorent souvent avec des motifs floraux ou d’animaux.

Deux communautés de potiers cohabitant en Assam: les Kumars et les Hiras. Les premiers utilisent la même technique depuis des siècles et se servent d’un tour pour façonner leurs objets qui sont ensuite cuits au four. Certains objets sont ensuite peints avec des motifs traditionnels. Les Hiras, habitant les districts de Soalpara, Kamrup et Barpeta, utilisent une technique ancestrale qui consiste à sécher partiellement la glaise au soleil avant de la battre pour lui donner la forme souhaitée et les cuire au four. Les potiers s’occupent de tout: de la collecte de la glaise, du bois pour le four jusqu’au transport des objets jusqu’au marché pour les vendre. A Majuli, la poterie est faite à partir de terre battue cuite dans un four traditionnel de la même façon que la civilisation Harrappan il y a 4 000 ans. Les principaux objets en terre cuite sont: pots, pichets, plats, porte-encens et lampes à huile ainsi que quelques objets décoratifs.

Le village de Bordhuvan dans le district de Nagaon est le berceau de la fabrication de masques, appelés localement Mukha. Ici, les masques ont une signification religieuse. De ce fait, la fabrication de ces masques suit des règles bien précises qui sanctifient l’objet. Ils sont fabriqués à partir de matériaux naturels comme la terracotta, le bambou, le bois, bouses de vache, boue, toile de jute, fibre de noix de coco et aatha (gomme naturelle). Des couleurs naturelles sont également appliquées: khorimati (blanc), hengul (rouge), charbon (noir) et haital (jaune). La fabrication de masques est une activité saisonnière et commence généralement début novembre. A Majuli, les techniques sont apprises d’un maitre à son élève dans les satras (monastères vishnoites). Il faut 10 a 15 jours pour compléter un masque. Ces dernières années ont connu un engouement pour cet art et de plus en plus de gens achètent ces magnifiques objets de décoration.

Les jouets reflètent parfaitement la culture et les traditions d’un lieu. Fabriqués à partir de matériaux naturels, les jouets d’Assam peuvent être classés en 4 catégories: en terre cuite, en bois, en tissu et bouchon. Les jouets en terre cuite sont principalement faits dans la région de Goalpara et représentent des couples, une mère et son enfant, des dieux ou des animaux. Ces jouets sont fabriqués par les communautés Hira and Kumar. La région de Goalpara est aussi réputée pour ses jouets en bouchon qui représentent généralement des oiseaux mais aussi des dieux ou déesses. D’autres matériaux comme le bois et le bambou sont utilisés. Enfin un mélange de terre et de tissus permet de fabriquer de jolies petites poupées. Les jouets font parte intégrante de l’éveil d’un enfant qui le guident dans la vie adulte et entretiennent l’imagination et la culture.

La fabrication de bijoux en or est un art très ancien. Les motifs de ces bijoux représentent souvent la diversité de la faune et de la flore d’Assam. Jorhat, deuxième plus grosse ville de l’état, est le principal centre de fabrication. Les designs traditionnels sont simples mais incorporent des pierres (rubie ou mina). Le noir, rouge et vert font partie des couleurs les plus populaires car elles se marient parfaitement avec les vêtements portés. La communauté Sonowal Kacharis est chargée de collecter l’or trouvé dans les rivières. L’argent est aussi parfois utilisé.

Né de l’émergence de la religion Sankaradeva qui popularisa l’usage de manuscripts en Assam, une vibrant artisanat vit le jour mené par les communautes khanikars, likhaks et patuās – dont la tâche était la transcription et l’illustration des manuscrits. Travaillant sous la coupelle des prêtres Vaisnava, ces artistes ouvrirent la première école de peinture d’Assam. Les récits du Bhagavata, des Puranas, du Ramayana, du Mahabharata et autres histoires épiques y sont représentés. Certains travaux se trouvent à l’Assam State Museum de Guwahati. De plus, l’Assam Fine Arts and Crafts Society de Guwahati et le Jorhat Fine Arts Society de Jorhat jouent un rôle important dans la conservation de ce riche patrimoine culturel.

Ecoles de peinture

La peinture en Assam peut etre classée en 3 écoles :

Ecole Tai-Ahom: Les plus anciens manuscrits d’Assam datent de 1437 et représentent les 16 paradis et 16 enfers. Etant un centre culturel important, il est certain que cet art est beaucoup plus ancien mais le climat humide d’Assam n’a pas épargné les travaux plus anciens.

Ecole Sattriya: Elle fut developee par Sankaradeva, guide spitituel du 16e siècle. L’exemple le plus ancien datant du 17e siècle est le manuscrit du Chitra-bhagavata autrement appelé Adi-dasama, traduit en assamais par Sankaradeva et retrouvé dans un monastère du district de Nagaon. Cette école se distingue par la similarité entre homes et femmes qui ne se distinguent que par leurs habits, des lacs remplis de lotus, cascades d’eau et fond rouge.

Ahom ou Court School: Cree par le roi Ahom Rudrasimha et poursuivit par le roi King Sivasimha au 18e siecle, cet art fusionne les travaux de l’école Sattriya avec des influences musulmanes. Parmi les manuscrits ayant survécu, on retrouve le Sankhasur-badha (1726) et le Dharma-purana (1735).