Tribus du Nagaland

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La communauté Naga est composée de plusieurs tribus qui parlent des langues tibéto-birmanes don’t le Poumai (Poula), Sumi, Lotha, Sangtam, Angami, Pochuri, Ao, Mao (Emela), Inpui, Rongmei (Ruangmei), Tangkhul, Thangal, Maram, et Zeme. En plus, ils ont développé un créole qui leur permet de communiquer entre eux. Chaque tribu a ses propres coutumes, lois et code vestimentaire. On retrouve également les Nagas de l’autre cote de la frontière Birmane. Certaines tribus étaient autrefois chasseurs de tête mais l’arrivée du christianisme les a pacifiés, entrainant parallèlement l’oubli de nombreuses coutumes ancestrales. Le développement de l’éducation occidentale marqua le début de la modernité dans les vallées Nagas. Voici ci-dessous les principales tribus Nagas.

C’est l’une des communautés les plus importantes du Nagaland. Leur territoire s’étend du district de Kohima divisé en 4 territoires : le Southern Angami, Western Angami, Northern Angami et Chakhro Angami. L’ancien Eastern Angami pris son indépendance est s’appelle aujourd’hui Chakhesang. Les Angami Nagas vivent principalement d’agriculture et d’élevage. Les vallées sont étalées en rizière. Anciens guerriers, l’introduction du christianisme chez les Angamis interrompit les conflits entre les différents clans. Même si 98% des Angamis sont aujourd’hui chrétiens, c’est l’une des dernières communautés à pratiquer l’animisme. La musique fait partie du quotidien ; le tambour et la flute sont les instruments de prédilection et sont utilisés lors de chaque rituel ou festival. En février, les Angamis célèbrent durant 10 jours le Sekrenyi (ou Phousanyi) qui signifie sanctification et coïncide avec le cycle agricole. Les hommes revêtent un châle et les femmes portent le Mechala, une jupe aux superbes motifs. Ils arborent fièrement des colliers et bracelets faits de perles. Les Angamis sont réputés pour le travail du bois, du bambou, la vannerie et le tissage de châles. Les femmes font également de la poterie et des paniers. Cote cuisine, le plat par excellence est le porc aux pousses de bambou.

La communauté Ao est également une des principales tribus Nagas et habitant le territoire de Tsula (Dikhu) Valley à l’est jusque Tsurang (Disai) Valley à l’ouest dans le district de Mokokchung. Les Aos sont très pieux et croient en l’au-delà. N’ayant pas de script, la passation du savoir se fait oralement. Les rites étaient autrefois orchestrés par des prêtres (chamans). En 1872, des missionnaires sous la tutelle de l’American Foreign Baptist Mission apportèrent modernisation et système scolaire. Les 2 principaux festivals sont Moatsü et Tsungremong. Le Moatsü festival est annuellement célébré le 2 mai en l’honneur de Lijaba, – créateur de l’univers – pour assurer de bonnes récoltes. Le Tsungremong festival se déroule la première semaine d’aout. Noël est également célébré avec ferveur.

Le mot Chakhesang fait référence à 3 tribus: cha – Chakri, Khe – Khezha, Sang – Sangtam. Les Chakhesangs sont d’anciens Angami de l’est qui ont pris leur indépendance et sont aujourd’hui reconnus à part entière. La plupart de leurs villages sont situés dans le district de Phek, dans les environs de Pfutsero et Chozuba. On peut diviser les Chakhesangs en 2 groupes: “chokri” et “khezha” ainsi qu’un sous-groupe “zhamai” ou “zhavame”, qui appartiennent aux Poumai Naga vivant principalement au Manipur. Les 2 principaux festivals sont Thsukhenyie (6 mai) et Sukrenyu (15 janvier).

La légende raconte que les Changs seraient apparus à Changsangmongko et se seraient installés à Changsang. Le mot Chang trouverait son origine dans le mot chognu (banyan), car cet arbre sacré était présent à Changsang. Une autre version dit que les Changs auraient migré au Nagaland depuis l’est qui se dit chang dans leur dialecte. Certains Changs clament que les Aos seraient leurs ancêtres dont le folklore est très proche. Les Changs, comme quelques autres tribus Nagas, pratiquaient la chasse à l’homme avant l’arrivée des Anglais. La personne qui ramenait le plus de têtes devenaient lakbou (chef) et géraient les conflits et l’administration du village. D’origine animiste, la plupart se sont convertis au christianisme. Naknyu Lem est le principal festival de cette communauté. Selon la mythologie, les anciens du villages devaient rester a l’intérieur de leur habitation durant 6 jours à cause d’une obscurité prolongée. Le festival célèbre la lumière le 7e jour. Lors de ce dernier, des animaux sont sacrifiés, de grands banquets sont organisés, les maisons sont nettoyées, on s’échange des cadeaux, chantent et dansent. L’habit traditionnel est compose d’un casque décoré de défenses de cochon sauvage, d’un gilet ornementé de coquillages (kori) et d’un long châle. Leur cuisine mélange viandes, poissons et riz. L’agriculture est la principale activité et les Changs fabriquent de magnifiques étoles, poteries et vanneries.

La communauté Khiamungan se trouve principalement dans le district de Tuensang à la frontière birmane. D’après la légende locale, les Yimchungers et les Khiamniungans auraient migré ensemble au Nagaland depuis le Nord du Myanmar et se seraient séparés au village de Moru. Les Khiamniungans se seraient convertis au christianisme bien plus tard que les autres tribus Nagas en raison de leur isolement géographique. Le vêtement traditionnel se compose d’étoles rouge vif et bleu marine avec des coquillages brodés. Lors des festivals et rituels, ils utilisent des tambours et flûtes de bambou. Le principal festival est Miu qui se tient au moment des semences et a pour but de demander la protection des récoltes par les dieux. Le festival de Tsokum dure une semaine en octobre lors des récoltes. C’est le moment de détente après le dur labeur dans les champs. Au programme: nettoyage du village, chant, danse et repas communautaire.

Les Konyaks se distinguent des autres Nagas par leurs tatouages qu’ils arborent sur le visage et les membres. Ceux sur le visage indiquent qu’ils ont pratiqué la chasse a l’homme. On les retrouve de chaque côté de la frontière indo-birmane dans le district de Mon et les districts de Tirap et Changlang en Arunachal Pradesh où ils sont appelés Wancho Konyak. Leur langue a des origines sino-tibétaines. Ils appliquent un système de « Morung », dortoir où se rassemblent les jeunes jusqu’à l’age adulte ou le mariage. Ils y apprenaient les coutumes locales, la discipline et l’art de la guerre. Aujourd’hui, quelques uns de ces bâtiments existent toujours mais ont perdu leur rôle communautaire. Fiers guerriers, les Konyaks étaient autrefois des chasseurs de tête et gardaient dans leurs morungs les crânes de leurs ennemis en trophée. Le nombre de têtes collectées indiquaient la puissance du guerrier et par extension du clan. Le chef de chaque clan est appelé « Angh » et l’autorité est passée de père en fils. Dans le district de Mon, on dénombre pas moins de 7 Anghs. Le principal festival des Konyaks est Aoleang et tombe la première semaine d’avril. Les habitants revêtent leurs habits de guerriers et commémorent les traditions guerrières passées en tirant au fusil avec la poudre à canon qu’ils fabriquent eux-mêmes.

Les Kukis, aussi appelés Chin au Myanmar et Mizo au Mizoram, sont présents dans tout le Nord-Est de l’Inde sauf l’Arunachal Pradesh. On les retrouve également dans les Chittagong Hill du Bangladesh. Les Kukis ont leurs propres coutumes et traditions. Les jeunes se retrouvent dans le « sawm » pour étudier et apprendre les méthodes d’agriculture, de chasse, de pêche et à servir la communauté. Les meilleurs étudiants étaient alors enrôlés par le roi et devenaient chefs de guerre. Les hommes portent une veste colorée (Sangkhol) et un short (Pheirchawm). Leur coiffe est appelée Tuhpah. Les femmes portent de magnifiques jupes et une coiffe ronde ornementée de fleurs. Mimkuut Festival est le principal festival des Kukis et tombe chaque année en janvier. C’est l’occasion de festoyer, chanter, danser et boire de la bière de riz.

La communauté Lotha peuple le district de Wokha. Les Rengmas et les Lothas faisaient autrefois partis d’une seule et même tribu. Des conflits auraient séparé les 2 clans. Les Lothas étaient autrefois chasseurs de tête mais l’arrivée de missionnaires chrétiens a mis fin a cette pratique. Tokhu Emong est un festival célébré la première semaine de novembre et dure jusqu’à 9 jours. Tout le village se rassemble pour célébrer les récoltes en chantant et dansant. Les hommes portent un châle dont les motifs indiquent son rang social. Il est appelé ‘Opvuram’ pour les femmes et ‘Longpensu’ pour les hommes.

Le territoire des Phoms repose entre celui des Konyaks au nord-est, celui des Aos à l’ouest et celui des Changs au sud. Yongnyah est le plus grand village Phom. L’origine de cette communauté reste incertaine mais la légende raconte que les ancêtres des Phoms étaient faits de pierre. L’agriculture sur brûlis est la principale activité. Ils fabriquent des objets en poterie, bambou et utilisent le métier à tisser. L’habit indique le rang social du porteur. Il est composé d’un grand châle blanc ou bleu marine. L’homme qui avait vaincu un ennemi ou offrait un banquet avait le privilège de porter un châle décoré de coquillages (kori) appelé ‘fanet-henyu’. Les femmes portent une jupe appelée shung-nang, aux différent motifs et design. Les Phoms ont 4 principaux festivals mais le plus important est Monyu. Les autres sont Moha, Bongvum et Paangmo. Monyu se déroule sur 12 jours et marque la fin de l’hiver. Il est généralement célébré la première semaine d’avril. Lors de Monyu, les habitants utilisent un tambour fabriqué à partir d’un tronc creux et dansent, chantent au rythme de ce dernier. Le festival est également l’occasion de nettoyer le village, les maisons et exécuter les travaux communaux. Les hommes offrent de la bière de riz à leurs sœurs et filles en signe d’affection et de respect. Les prêtres prédisent l’avenir du village en sacrifiant des poulets.

Les Pochurys peuplent la partie orientale du district de Phek dont le centre est la ville de Meluri, située à 170 Km de Kohima. La communauté se compose de 3 tribus : Kupo, Kuchu et Khuri. Le mot Pochury est un acronyme formee a partir des 3 villages: Sapo, Kechuri et Khuri. En dehors de ses 3 principales tribus, des migrants des tribus Sema, Sangtam et Rengma ont été intégrés aux Pochurys. Ils dépendent de l’agriculture sur brûlis et d’élevage. Chasse, pêche et cueillette étaient autrefois pratiquées. Ils disposaient d’un conseil de village appelé ‘mozaluo’ composé de 6-7 anciens de différents clans afin de gérer les affaires internes et les possibles disputes. Aujourd’hui, ils utilisent un système d’élection mais le conseil a gardé un pouvoir symbolique. Yemshi est le principal festival célébré le 5 octobre et rassemble les Kupos, Kuchus et Khuris. Un autre festival important est Nazu qui se tient en février.

Les Rengmas habitent aussi bien au Nagaland et en Assam. La communauté se divise en 2 sous-groupes en fonction de leur localisation: Eastern (Est) et Western (Ouest) Rengma. Selon la légende, les Rengmas et les Lothas faisaient autrefois partie de la même tribu. Des conflits de pouvoir et pratiques d’esclavagisme des Rengmas envers les Lothas ont divisée les 2 groupes. L’habit traditionnel Rengma indique le rang social grâce aux différents motifs. ‘Rhikho’ est le vêtement porté par les hommes de rang inferieur. Ce rang est attribué si le porteur n’a jamais tué d’ennemi ou offert un banquet à la communauté. C’est un long châle blanc agrémentée de longues bandes noires. Le nombre de bandes varie en fonction de l’âge du porteur. ‘Moyet tsu’ est le vetement porté par les jeunes hommes. C’est une étole bleu marine avec une large bande diagonale et des motifs en zigzag sur la bordure. ‘Alungtsu est le vêtement porté par les hommes de rang supérieur. ‘Teri Phiketsu’ est le châle porté par les hommes ayant reçu la cérémonie de chasseur de tête. Les Rengmas sont réputés pour leurs textiles réalisés à partir de teinture naturelle fabriquée avec les fleurs jaunes. Fin novembre, Ngada, Le festival des récoltes s’étale sur 8 jours.

Les Sangtams vivent au sud du district de Tuensang et au Nord du district de Kiphire. Cette communauté, peu touchée par le christianisme, pratiquent encore la culture sur brûlis. Ils ont 12 festivals dont le principal est Mongmong. Leur motto “United Sangtam” les rassemble.

Les Sumis vivent principalement dans le district de Zunheboto mais on les retrouve également éparpillés dans les autres districts du Nagaland. Ils ont la réputation d’être très unis, sans merci mais en dépit de ses critères, ils sont également très simples et honnêtes. Leur loyauté envers les leurs est sans pareil. Ils célèbrent de nombreux festivals en corrélation avec le cycle agricole ou des victoires passées. Les 2 principaux sont Tuluni et Ahuna. Tuluni est célébré le 8 juillet avec de grands banquets et sacrifices de cochons, vaches et mithuns. Ahuna se fête le 14 novembre et marque la fin des récoltes. Les habitants se rassemblent pour exécuter les chants et danses traditionnels et organisent un grand banquet où le riz récolté est cuit dans des tubes en bambou.

Les Yimchunger peuplent le district de Tuensang à la frontière birmane. Ils seraient originaires d’un village appelé Moru et auraient migré dans le village de Jure. Ils auraient quitté le nord du Myanmar avec les Khiamungans. Les 2 groupes se seraient séparés à Moru. Leur coiffe traditionnelle est décorée de fourrure et plumes. Ils défendent leur culture avec ferveur et sont fiers de présenter leur culture à travers leurs chants traditionnels et leurs rites sociaux. La 2e semaine d’août, Metemneo est le festival qui est célébré a la fin de la récolte du millet et dure 5 jours.

Les Zeliangs (ou Zemes) vivent à la frontière de l’état voisin du Manipur où ils sont appelés Zeliangrong. Leur dialecte est sur le point de disparaître. Leurs villages sont généralement situés sur des positions stratégiques en hauteur afin de se préparer en cas d’attaque et surveiller les environs. Le festival d’Hega est célébré annuellement entre le 10 et le 15 février. Les dieux sont invoqués pour apporter leur protection. Autre festival, Chega Gadi permet de remercier les dieux pour les bonnes récoltes.